La Rafle du Vel’ d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942

Il y a quatre-vingt-quatre ans, en 1942, les 16 et 17 juillet, 13 152 Juifs et Juives étaient arrêtés par la police française, dont 4 115 enfants. Moins d’une centaine d’adultes sont revenus d’Auschwitz, et aucun enfant.

L’occupant allemand en espérait plus de 30 000, mais l’action de « Solidarité » , organisation clandestine de la section juive de la M.O.I., dès le début de Juillet 1942 , grâce à des « fuites » de policiers patriotes, alerte les Juifs en diffusant un tract en yiddish qui annonce des déportations massives. Le texte incite les Juifs, jusque-là très légalistes, à se cacher. Mais tous ne pourront échapper à leurs poursuivants. C’est, une fois de plus, la police française qui opèrera, à la demande des nazis.

Il a fallu cinquante-trois ans pour que le président Chirac, en 1995, prononce les paroles nécessaires : «…La France, patrie des Lumières et des droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux…»

Rappeler la mémoire de cette rafle n’est pas seulement un exercice mémoriel indispensable parce que, «oublier le passé, c’est se condamner à le revivre», comme l’écrivait Primo Levi. Parler du 16 juillet 1942, c’est dire un peu d’aujourd’hui. Évidemment, la gravité n’est pas la même : nul ne songe à déporter les Juifs, même si, dans la France d’aujourd’hui, on peut mourir d’être juif.

Aujourd’hui, comme au temps de l’Affaire Dreyfus, il y a urgence à rassembler celles et ceux pour qui l’antisémitisme est le pire affront à la morale humaniste. Cet antisémitisme qui a généré tant de crimes dans le passé jusqu’à  l’extermination nazie. Il y a urgence à agir au nom de la mémoire de la Shoah, une mémoire protectrice contre tous les racismes. Il y a urgence à dire que l’antisémitisme ne peut plus être passé sous silence. C’est le combat d’associations comme le R.A.A.R. (Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes), c’est aussi le nôtre.

Pour en savoir plus , visitez notre musée en ligne sur cet évènement, en cliquant  ICI

 

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